
Alors que le nombre de véhicules électriques et hybrides sur les routes canadiennes augmente sans cesse, un rapport de l’AIA Canada a analysé les attentes du public dans cette branche en pleine expansion.
En réalisant cette année l’étude Données et diagnostics : dans l’esprit des propriétaires canadiens de véhicules électriques, l’AIA Canada a vu juste, parce que le hausse manifeste des VÉ et des hybrides au Canada, et surtout au Québec (près d’un propriétaire de VÉ sur deux au Canada est Québécois), amène à la fois des enjeux et des opportunités dans le secteur de l’entretien et de la réparation automobile.
Basé sur 2 210 répondants, dont 581 Québécois, ce portrait national met en lumière des comportements et des attentes qui redéfinissent déjà le marché du service automobile.
Un marché très porteur
Le rapport souligne tout d’abord que la clientèle cible, constituée de propriétaires de VÉ et d’hybrides, est monétairement très intéressante, puisqu’elle jouit en moyenne d’un revenu plus élevé que celle des voitures non électriques, possède en moyenne 1,8 véhicule par ménage, et priorise davantage les réparations.
Encore faut-il séduire cette clientèle rentable, ce qui n’est pas encore le cas.
Une grande dépendance aux concessionnaires
Même si l’opportunité dans le secteur des VÉ et des hybrides est bien réelle, pour l’instant, les consommateurs font moins confiance aux ateliers indépendants. Quelles sont les raisons de cette méfiance ?
Tout d’abord, il ressort du rapport que « les propriétaires de VÉ accordent une plus grande importance à la technologie automobile et sont plus enclins à se décrire comme intéressés à comprendre les technologies intégrées à leur véhicule. »
Chiffres à l’appui, l’étude indique qu’environ 86% des personnes sondées ont un intérêt marqué pour les technologies embarquées dans leurs VÉ. Elles sont donc technophiles, mais en raison de cette même complexité technologique, 57% d’entre elles sont plus tentées de se tourner vers le réseau de leur fabricant pour faire réparer leurs véhicules. Autrement dit, plus le véhicule est technologique, plus le client se sent dépendant des concessionnaires.
Les données télématiques : un enjeu critique
En plus de la perception plus positive que les propriétaires de VÉ ont envers les concessionnaires en matière de maîtrise des technologies embarquées dans les véhicules, ils ont également plus tendance à leur confier la gestion de leurs données.
Le rapport indique effectivement que les répondants sont « plus susceptibles d’être conscients que les ateliers indépendants ne peuvent pas accéder aux données télématiques de la même façon que les fabricants. »
En fait, à peine 20% des propriétaires de VÉ et d’hybrides savent que les professionnels indépendants peuvent également avoir accès à ces données pour diagnostiquer et réparer leurs véhicules. Cet enjeu de communication explique donc pourquoi ils sont plus tolérants envers le contrôle exercé par les fabricants.
Toutefois, la loi québécoise sur le droit à la réparation, qui oblige notamment les fabricants à fournir des pièces, des outils et des informations pour réparer les appareils, pourrait changer la donne, tout comme les enjeux de souveraineté numérique qui préoccupent déjà les Québécois.
Un besoin urgent de formation et de communication
Le marché des VÉ et des hybrides n’est plus émergent. Il est installé, exigeant et en transformation rapide. Les ateliers qui sauront démontrer leur compétence technologique, leur capacité à travailler avec les données et leur transparence sur les pièces auront donc une longueur d’avance, selon ce qui ressort du rapport : « Les façons dont un atelier peut démontrer sa maîtrise de la technologie […] pourrait avoir une incidence sur la perception des clients », y lit-on.
Au terme de son analyse, le document comprend par conséquent plusieurs recommandations : réaliser de manière urgente des formations en diagnostics VÉ, se positionner comme des experts technologiques, et présenter un avantage compétitif en maîtrise de données et de systèmes avancés. C’est à ces conditions que le secteur de l’entretien et de la réparation automobiles pourra tirer son épingle du jeu dans les années à venir.


