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L'INFO-JOBS

Décembre 2007

 

Le Québec est trop pauvre pour entretenir son réseau routier

Benoît Charette

En 2006, le gouvernement du Québec investissait la somme record de 1,3 milliard de dollars pour des travaux routiers sur plus de 1100 chantiers au Québec. Cela avait fait dire au ministre des transports Michel Després que les conditions routières au Québec s’amélioraient. Le 30 septembre 2006, le Viaduc de la Concorde s’effondre en écrasant deux voitures qui passaient en dessous (sur l'autoroute 19), tuant sur le coup leurs cinq occupants, et en blessant six personnes, dont trois grièvement, qui se trouvaient dans les véhicules circulant sur le tablier au moment de l'effondrement et ont plongé dans le vide.

Même en investissant plus de 1,5 milliard de dollars par année, il faudra 35 à 40 ans au ministère des transports pour faire une réfection digne de ce nom. Et à ce prix, on ne parle même pas de la construction de nouvelles routes ou structures, simplement réparé les infrastructures qui existent déjà. Le Québec n’a même pas les fonds nécessaires pour entretenir nos routes et nos ponts correctement. Nous avons un réseau routier trop élaboré et trop peu de gens pour payer la note. Prenons un exemple très souvent cité. On se compare très souvent à nos voisins Ontariens, qui jouissent d’un meilleur réseau routier. Il y a plusieurs raisons à cet état de fait. Regardons quelques chiffres ensembles.

1- Les Ontariens sont plus nombreux et plus riches que les Québécois. Il y a plus d'entreprises et d'individus qui paient des impôts. Le Québec compte 7,3 millions d’habitants avec un taux de chômage de 8,3% et l'Ontario 11,4 millions de citoyens avec un taux de chômage de 6,6%. Ces statistiques ne tiennent pas compte des assistés sociaux.

2- Au Québec, nous avons 24 915 km de routes et autoroutes provinciales à entretenir et nous en construisons d'autres à l'heure actuelle. En Ontario c'est 16 525 km de routes et autoroutes provinciales. Moins de km à entretenir. Une occupation du territoire plus efficace leur permet cette belle performance si l'on tient compte que les superficies striées de routes sont à peu près identiques dans les deux provinces.

3- Le ministère des transports de l'Ontario gère un parc de 2800 ponts et structures. Le ministère des transports du Québec 4700, dont la moitié ont déjà atteint la fin de leur cycle de vie.


4- Le relief du Québec est plus accidenté et de ce fait certaines portions de routes coûtent plus cher à construire et à entretenir. Cela explique aussi le fait que nous avons plus de ponts.

Donc en résumé, l’Ontario possède plus de payeurs de taxes, un taux de chômage moins élevé, la moitié moins de ponts et d’infrastructures et moins de kilomètres de route. Le calcul est simple à faire. Pourquoi instauré une commission d’enquête suite à l’effondrement du Viaduc de la Concorde. Cela va encore coûter des millions et va probablement arriver aux mêmes conclusions qui nous venons de constater. Partout dans le monde où les routes sont belles, les gens payent pour y avoir accès. C’est ce qu’il faudra faire ici aussi. Il faudra également que le gouvernement gère mieux ses dossiers. Le ministère des transports poursuit son expansion, mais oublie en chemin de faire un bon entretien du réseau existant et laisse des régions complète en décrépitude.

Le retour aux routes à péage est à mon avis inévitable.

 

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